Retour à l'électricité.

Publié le par Céline

Bonjour,

En quittant Montevideo,
je suis partie pour Valizas en compagnie de Christophe l’Allemand et Tobby l’Australien. C’est un petit village au bord de la mer. Nous arrivons dans le village par une longue ruelle de sable (toutes les rues sont de sable) le long de laquelle des artisans au look très hippies vendent des bijoux, vêtements et autre. J’ai l’impression d’être quelques part dans les années 68. Très « roots » et génial.

Il y a un seul hôtel, mais il est complet. Nous demandons partout s’il n’y a pas un ranch de libre, à louer. Nous demandons aux magasins, aux gens dans la rue, mais nous ne trouvons rien car c’est la pleine saison. Pour ma part, je décide de passer la nuit en hamac. En retournant au seul hôtel du village, où nous avions déposons nos sacs le temps de notre recherche, la senora nous dit que trois places viennent de se libérer. Quelle chance nous avons ! Surtout que deux heures plus tard, il commence à pleuvoir et ça durera toute la nuit. En France, nous appellerions cet hôtel un squat, des puces et cafards nous tiennent compagnie, et ne parlons pas de la propreté ni des sanitaires. Mais honnêtement ça fait très bien l’affaire, surtout que je suis en voyage et à la recherche de ce genre d’expériences. Comme il n’y a pas l’électricité, nous nous éclairons à la bougie dès la nuit tombée.

Le lendemain direction Cabo Polonio. Il est possible d’y aller à pied par les dunes en 2h30 environ. Mais avec mon sac et le soleil qui tape fort, je préfère profiter du camion remorque, unique véhicule autorisé à aller jusqu’au petit village. Tout le monde monte à l’arrière et c’est ensuite un parcours au cœur des magnifiques dunes de sable. Cabo Polonio, c’est une avancée sur la mer avec des cabanes appelées « ranch » posées par-ci par la. Il n’y a pas de rues. Les terrains n’ont pas de limites.
Tobby et Christophe ont réservé une chambre à l’hôtel, mais c’est trop cher pour moi et je n’ai pas envie de chercher un logement.  Après avoir découvert la rue principale, toute de sable, avec des artisans qui vendent de jolis bijoux et autres, j’arrive au bord de la mer. Il y a des centaines de lions de mer. Ils sont là, juste à côté, à se faire dorer au soleil. Des vagues les repoussent à la mer mais il semble que ce soit un jeu pour eux. Durant ce séjour à Cabo Polonio, je vais passer de nombreuses heures à les observer. C’est un animal très intrigant et très marrant. La plage est très belle. D’un côté, il y a beaucoup de vagues mais à l’opposé de la pointe, c’est calme comme une piscine.
Pour ma première nuit, je me suis joint, après une sortie nocturne, à d’autres personnes que j’ai trouvées en train de dormir à l’abri de petites cabanes ou se vend de l’artisanat en journée. Au réveil, c’était génial. Dans une jolie lumière dorée, il y avait les poules, un cheval, des oies et pleins de gens en train de dormir au pied des casitas. Je finis ma première nuit sur la plage.
Christophe repart pour Valizas. Avec Tobby, Nous décidons de nous faire une cabane dans un arbre. Des amis à lui, qui partent aujourd’hui, s’y étaient installés et ils nous laissent leur bâche. J’avais trouvé un ranch à partager avec des uruguayens mais la solution de l arbre s’avère plus économique. Nous préparons notre cabane, dans un arbre au milieu des dunes et partons au restaurant. En chemin le vent se lève, un vent de fou, qui fouette le visage et les bras et puis c’est la pluie qui s’y met. Nous retournons vite à notre cabane. Nous tentons pendant une heure de sauvons notre logement mais c’est peine perdue. Nous récupérons les duvets et sacs, déjà touts trempés, et retournons au village. Nous ressemblons à des bonhommes de sable. Je cherche Pipo, le garçon qui m’avait proposé la colocation du ranch mais je ne le trouve pas. La pluie repart de plus belle. Les gens quittent Cabo Polonio à bord des camions sans bâches et se retrouvent aussi mouillés que nous. C’est hallucinant. Tobby part voir s’il n’y a pas une place de libre à l’auberge. La chance nous sourit alors. Pendant que Tobby est parti, je fais la rencontre de 3 uruguayens de Montevideo. Ils nous invitent à passer la nuit au sec dans leur ranch. C’est vraiment incroyable, ils ont le cœur grand ouvert ici. La nuit fut donc fort agréable, au sec, avec des gens super sympas. La chance va continuer car nous trouvons un ranch à louer avec Tobby.

Dans le fond, tu ne fais rien mais toujours quelque chose. Se laisser aller à marcher entres les ranchs, à regarder la mer le jour et les étoiles la nuit, à se baigner, chercher l’eau au puit, c’est génial. Je ne sais pas si c’est parce que c’est loin de la ville, mais je n’ai jamais vu un ciel aussi étoilé de toute ma vie. Le soir, c’est la fête, mais il faut faire une sieste car ça ne commence pas avant 2 heures du matin et ce jusqu’au petit matin. De minuit à deux heures, on peut aussi aller dans un autre « bar » ou des groupes de musiques jouent en live. Il y a bien sur pour cela des groupes électrogènes car ici il n’ay a pas l’électricité. Je commence à connaître pas mal de chansons d’Uruguay et d’Argentine.

Après 7 jours à Cabo Polonio,  Tobby décide que sa route doit continuer, je décide de rester dans le village. De toute façon, je ne peux plus marcher car je me suis cogné violemment le petit doigt de pied. Il est maintenant tout bleu et enflé. Je lui ai fait un bandage avec de l’aloé et ça commence à aller mieux. Pour le logement, pas de soucis, j’ai trouvé une toile de tente et au moins c’est gratuit. Mais on a du la changer de place car la police est venue et il est interdit de camper. Un ami de Cabo Polonio, un mage maya, a proposé de mettre la toile juste à côté de son ranch, la police ne peut alors rien dire.
Les journées, il est vrai, se ressemblent beaucoup. Aller chercher l’eau au puits avec un seau pour se laver ou aller aux toilettes, chercher du bois pour la cuisine (guiso, pâtes, riz), acheter des bougies pour la lumière. Je passe beaucoup de temps à jongler et je me suis un peu amélioré aux massues mais aussi aux balles, en contact, en swing. J’apprends à travailler l’alambre et le cuivre pour fabriquer des bijoux et je me suis perfectionné dans le tissage de bijoux en macramé. La-bas, il y a pleins de gens qui font de l’artisanat et du jonglage, c’est donc un bon lieu d’apprentissage. C’est hallucinant ce que certains font en jonglerie. Spéciale dédicace à la troupagnie du vent.

Hier, je suis partie de Cabo Polonio avec Pablo et Stéphanie en direction de Punta del Diablo. Le trajet c’est fait en stop en 3 fois. Le plus rigolo, c’est que les personnes de la première jeep, qui nous avait déposées à Agua Dulces, se sont dit qu’en fait ils aimeraient bien aller jusqu’à Punta del Diablo. Ils ont suivi la deuxième voiture qui nous a pris afin de nous intercepter au passage et nous emmener jusqu’à destination. Toujours en toile de tente, j’espère qu’il ne va pas pleuvoir car elle prend l’eau. Mais je ne pense pas qu’il pleuve car il fait une chaleur hallucinante.  Ce matin, un bateau de pêcheur est arrivé sur la plage. D’un coup une foule s’est formée autour de lui. Ils avaient péché un requin blanc. C’est la première fois que je vois un requin de prêt, c’est impressionnant.
Pour répondre à une question qui m’a été posée : pourquoi je suis en Uruguay ? Et bien je ne sais pas vraiment, c’était proche de Buenos Aires et je me suis dit que ce serait chouette d’y aller.

 

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Publié dans 2006 - Uruguay

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