JODHPUR 2
Au réveil, nous découvrons une ville magnifique et toute bleue. Traditionnellement, le bleu désignait les demeures des brahmanes, caste des prêtres, la plus élevée de la hiérarchie hindoue. Aujourd'hui tous l'utilisent. A ce qu'il paraît cette couleur repousserait les insectes.
Au loin, la forteresse de Meherangarh se fond dans la roche et épouse les contours de la colline. L'intérieur de la citadelle de 125 mètres de haut est la propriété du Maharajah de Jodhpur. L'intérieur, avec ses cours et palais, les sculptures en dentelles, colorées et parfois décorées avec des feuille d'or est splendide. Un mur couvert d'empreintes de petites mains rappellent le sati (interdit aujourd'hui) des veuves du maharajah qui s'immolèrent sur son bucher funéraire en 1843. Objets de dévotion, elles sont habituellement couvertes de rouge.
Le Jaswant Thad, cénatophe (comme une mémorial) de marbre blanc, a les murs tellement fin qu'on y distingue la couleur du soleil à travers. Nous croisons un petit couple d'enfants avec leur papa qui nous offrent un spectacle de danse traditionnelle. Je m'imagine dans un conte des milles et une nuit.
En rentrant à l'hôtel, nous rencontrons un monsieur charmant. Il nous invite à venir chez lui le lendemain, dans un village de la région. Nous redescendons la ville à pied en sa compagnie par d'étroites ruelles. Plus nous nous rapprochons du centre de la ville et plus il y a d'agitation. Des motos, des vélos, des voitures arrivent de toute part. C'est bruyant. Il y a une forte odeur de pollution. Les garçons marchent rapidement et je me retrouve en arrière. Je suis contente de revenir dans la "vraie Inde" mais la ça ne va pas du tout. Un monsieur me suit en me disant des trucs bizarres à l'oreille et je n'arrive pas à m'en dépêtrer. Un autre passe et me touche le sein. Je n'arrive pas à suivre les gars ni à m'orienter. Toute cette agitation me fait peur, m'angoisse.
En arrivant à la station de bus, je me sens un peu mieux. Nous assistons à un spectacle d'enfants sur la place poussiéreuse de la gare routière. Une petite fille sur des échasses joue du tambour pendant que deux autres enfants de moins de six ans font des acrobaties. C'est très triste car le mac est juste à côté et les surveille d'un air pas très gentil. Pour finir le tout, nous assistons à une scène où deux enfants maintiennent un troisième pour qu'il se fasse fouetté sous le regard d'une foule d'adultes qui ne disent rien et rigolent. C'en est trop pour moi. A ce moment la, je déteste Jodhpur et souhaite quitter cette ville le plus tôt possible.
Et puis nous passons devant un temple souterrain où un groupe de femmes se sont réunies pour chanter et jouer de la musique. C'est beau, émouvant. Je deviens moins nerveuse. Je me sens mieux. C'est l'inde. Tout est intense et les émotions changent vite.
Les magasins ouvrent juste, les rues sont plus calmes, agréables. Nous découvrons les écharpes "magiques" de Jodhpur. derrière la Clock Tower, Mr Omelette nous accueille. La petite échoppe n'a pas vraiment d'allure au prime abord avec ses étages de boîtes d'oeufs. Mais l'omelette est déclicieuse. Jodhpur me plat finalement bien ce matin.