JAISALMER 2

Publié le par Céline et Chapy

Dans le désert à dos de dromadaire

Nous partons rejoindre Daniel, Gadgi et le "Real Dream Desert". Ils nous attendent avec les dromadaires. C'est impressionnant d'être en haut du dromadaire. C'est haut. Mon dromadaire s'appelle Bablou et celui de Florian Tiger. Quand on avance, ça balance de gauche à droite. Nos selles sont rembourrées des couvertures pour la nuit par chance pour notre derrière. Quand le dromadaire se relève ou s'assoit, il faut bien s'accrocher pour ne pas tomber. Nous commençons la balade au milieu d'un désert de broussailles. Le balancement de gauche à droite, dans ces drôles de paysages, au son des chants traditionnels de Daniel me donnent un sentiment de plénitude très agréable. Après une pause pour donner à boire aux animaux, nous nous arrêtons manger à l'ombre d'un arbre. Daniel nous fait à manger au feu de bois, se recoiffe (il est tout le temps en train de se peigner) et Gadgi part traire une chèvre qui passe par là pour faire le tchai. C'est marrant cette ambiance.
Pendant la sieste, Daniel rejoint un autre groupe de touristes dont le guide est un copain à lui. Et puis commence aussi la jolie sonnerie du téléphone de Daniel. Je trouve ça un peu dérangeant ce téléphone qui sonne tout le temps alors que j'imaginais m'éloigner du matériel en allant dans le désert. Nous repartons pour quelques kilomètres et arrivons dans les dunes. C'est hallucinant. Je l'avais imaginé, vu à la télévision mais le voir en vrai ça fait quelque chose.
Nous sommes à la fin de la journée, Daniel feint d'avoir une migraine horrible, insurmontable, à la limite de survivre, pour qu'on se joigne à l'autre groupe. Ce sont des italiens et ils sont très sympa. Mais on en veut un peu à Daniel d'avoir fait du cinéma alors qu'il aurait été très simple de nous demander si on était d'accord pour se joindre à d'autres personnes. Enfin, on le sait, c'est un acteur.
Le campement du soir, au milieu des dunes du Thar, est une petite hutte de paille. Les dromadaires en profitent pour manger, se reposer et péter en nous diffusant une odeur nauséabonde. Ils sont super marrant ces dromadaires.
Pendant que nous vivons notre premier coucher de soleil dans des dunes, les guides ont allumé le feu et préparent le dîner. Au loin, nous voyons la petite flamme du feu, les ombres des animaux et une étendue de sable. C'est magique.
Avant de manger, Mr Bière et CocaCola arrive du désert et insiste pour qu'on lui achète de la bière. Et puis, le téléphone de Daniel n'arrête pas de sonner. La ballade est vraiment unique, agréable mais c'est du foutage de gueule d'appeler ça un "non touristique tour" où nous serons en immersion totale dans la vie du désert.
Après manger et un peu de blabla, nous choisissons une dune pour passer la nuit. Au réveil c'est tout simplement incroyable. Il n'y a pas de mots pour expliquer ça. Pendant que je dormais, dans mes songes, j'avais complètement oublié où j'étais et en ouvrant les yeux, l'image des dunes de sables rend vraiment joyeux. C'est incroyable, fort, émouvant.
Ce matin, nous allons à dos de dromadaires dans le village de Daniel. Ce sont des petites maisons rondes en sable. Même si je n'y suis jamais allé ça me fait penser à un paysage africain. Mais on dirait que en ce moment un moment de bonheur est toujours lié à une déception. Alors que Flo fait un petit spectacle de jonglage pour les enfants, ces derniers ne cherchent qu'a lui demander des crayons, de l'argent. De plus, Daniel nous reproche d'avoir donner des ballons à quelques enfants et de ne pas en avoir un pour chaque enfant. Nous lui expliquons que c'est pour qu'ils jouent ensemble, que demain le ballon n'existera plus, lui demandons de l'aide pour l'expliquer aux enfants. Mais ils nous dit que ici les enfants ne jouent jamais ensemble (nous n'y croyons absolument pas) et que de plus nous aurions du choisir pour en donner au moins un par famille. Mais il a vu que nous n'avions que quelques ballons et en temps qu'adulte du village il n'avait qu'à intervenir avant pour dire qu'il fallait un ballon par famille. Il m'énerve à nous faire venir dans son village et a dire aux enfants que quand les blancs arrivent il faut qu'ils réclament de l'argent et des crayons. Il ne voit qu'à pervertir les enfants de son village, même en discutant avec lui on voit que c'est comme ça et qu'il va pas chercher à faire autrement.
Je sais que ça semble bizarre nos réactions. Nous sommes dans un paysage magnifique, mais on nous avait promis de vivre un vrai moment de vie dans le désert. Finalement, il y a les téléphones qui sonnent sans arrêt, les lignes d'électricité dans le désert, les enfants autant éduqués à la mendicité que en ville, des gens qui arrivent de nul part en nous faisant croire qu'il arrivent à pied pour nous vendre des bières et du coca cola alors qu'ils ont déposé leur motos à cent mètres de là. Ça ressemble trop à une excursion montée sur mesure pour les touristes sans réel fond. Heureusement que les paysages sont magnifiques et nos dromadaires authentiques. Je suis consciente que nous vivons quelque chose d'extraordinaire mais ne vais pas pour autant fermer les yeux et vous cacher l'autre face.

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M
merci pour vos récits!ça fait rêver! maintenant je vais voir les photos, mais c'est encore plus passionnant de connaitre le contexte
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